Contre la Pensée Unique – blog

Chloé Dequeker : autoconstruction, bois, et législation

Texte extrait d’un dossier que Chloé Dequeker a réalisé pour protéger sa maison.
(Source : site de Chloé)


Suite à une plainte faite par la mairie de ma commune en 2004, la maison fût menacé de démolition, mais en 2006 je gagnai le procès et obtenais le permis de construire.

Une longue histoire dont j’explique les détails chronologiques plus loin.

Insertion paysagère

Cette construction a été volontairement conçue pour se fondre dans le paysage.
Son toit planté se présente comme la continuité des jardins et de la courbe du paysage existant.
Le bâtiment est à demi enterré, on ne peut pas le voir du village, je respect ainsi la vue sur la vallée.
Le coté sud de la maison n’est visible que lorsque l’on s’approche, j’ai planté un verger et plusieurs haies d’arbustes à fleurs devant pour la dissimuler au mieux de la route qui passe à 200 mètres en bas.
Les matériaux utilisés pour la partie visible mettent en valeur le bois.

Choix du style architectural et choix des matériaux

Un principe de base : la Permaculture
Je travaille en construction suivant une méthode qui est aussi utilisée en agriculture : la permaculture.
En résumé, il s’agit de travailler en respect de l’environnement, l’écosystème local
Ainsi, quand on met en place un jardin de permaculture, on va d’abord prendre un moment d’étude, d’observation du sol, du climat, de la végétation, de la faune, etc. puis l’on va commencer à travailler avec ce qu’il y a, tout en essayant de recréer un écosystème qui soit aussi harmonieux et performant que celui qui existe.
La Permaculture est un savoir-faire que j’ai acquit au fil des années et des nombreux voyages.

Une forme originale

J’ai commencé par faire un travail de géobiologie pour décider de la configuration et de l’emplacement du bâtiment.
Pour la forme de la maison, je rêvais d’avoir une maison à sept côtés, ce qui n’est pas chose facile du point de vue de la construction traditionnelle avec charpente en bois. Le choix d’un toit végétal (exposé plus loin) permettait cette forme géométrique originale de par sa souplesse.
En creusant les fondations, j’ai suivi les limites que m’imposait le socle granitique, et cela m’a déterminé cinq cotés enterrés de la maison. J’ai vite réalisé que je pouvais alors mettre en Å“uvre une construction à sept cotés en restant cohérente avec le sol existant.
La “maison arbre”
En poutres de soutènement de la toiture, j’ai choisi d’utiliser des rondins de bois à l’état brut créant ainsi l’effet d’une “maison arbre”, avec un tronc d’où partent des branches. Il y a quatorze poutres principales d’environ 25 cm de diamètre. Les chevrons sont également fait de bois ronds.
L’élément structurant de cette construction est son pilier central. Il s’agit d’un tronc de chêne, d’un diamètre d’environ 70 cm et d’une hauteur de 3,30 m. De même que tout le bois utilisé dans cette construction, le pilier central provient d’un arbre tombé pendant la tempête de décembre 1999. Ce chêne est tombé à cinq mètres du site où il est désormais utilisé.
J’avais aussi à disposition de la sciure provenant d’une scierie qui est à 7 kilomètres de là où j’habite, quelques fenêtres que j’ai récupéré les années passées.

La toiture végétale

Je suis allée chercher tous ce bois dans des bois chez un ami où il n’y avait que quelques arbres couchés ça et là. Ce travail consistait par la même occasion à nettoyer les dégâts faits pas la tempête et n’aurai pas été utilisé autrement.
Voici dans l’ordre les matériaux utilisés pour la fabrication du toit :
Poutres en rondins, chevrons en rondins, volige, toile pour protéger des poussière éventuelles de l’isolant, 7cms de laine de mouton à l’état brute (les mites ne se mettent pas dedans grâce au suint, paille en vrac, bâche plastique poliane double épaisseur, moquette (utilisé pour la protection de la bâche), 20cm de paille et 10cm de terre, le toit est couvert de fraisiers et de fleurs.
Il y a trois puits de lumière dans le toit : Ils sont maçonnée en bois cordé, couvert par une vitre, deux fenêtres sont rondes et une en forme de cœur.

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En façade


Les poutres principales débordent d’un mètre à l’extérieur, pour l’esthétique mais aussi au point de vue bioclimatique. L’été le soleil passant haut dans le ciel, le rebord de toit sert à faire de l’ombre, tandis que l’hiver, le soleil passe plus bas et peut éclairer l’intérieur, le rebord du toit servant alors à protéger le mur apparent des intempéries.
Les ouvertures sont avec petits carreaux, la porte d’entrée en demi voûte, rappelle des courbes que l’on trouve dans le paysage. Au dessus de la porte le petit triangle met en valeur le travail de charpente et amène plus de lumière dans le bâtiment.
Les ouvertures orientées au sud servent pour la régulation de température, et l’économie d’énergie.

Utilisation de matériaux recyclés


Un autre volet de l’éco construction : réutilisation de matériaux
Le mur de soutènement est fait de pneus recyclés remplis de petites pierres. Cette technique est utilisée en génie civil dans des murs de soutènement, pour des petits aménagements (bords des jardins en terrasses) comme pour de gros chantiers (autoroutes). En effet, j’hésitais à utiliser des parpaings en béton, matériau dont la construction est particulièrement consommatrice d’énergie.
Ce mur de soutènement ménage un espace autour de la maison afin que le bois respire et que l’on puisse aller vérifier l’état du bois cordé.

A terme (janvier 2005), les pneus seront masqués par un panneau de bois.

De la moquette provenant des entreprises Saint Maclou de Limoges a été intégrée en toiture pour protéger les bâches plastiques, coté extérieur.
Le bois que j’ai utilisé dans le toit peut aussi être considéré comme un matériau de recyclage car il y avait tellement de bois tombé pendant la tempête que celui ci n’aurait été utilisé que pour l’industrie du papier ou pour le chauffage.

Le bois et les morceau de pierres polie et de céramique qui ont été utilisé pour la confection du meuble de cuisine et plan de travail sont également des matériaux recyclés.
Les fenêtres sont aussi de la récupération.

Décoration intérieure

L’aménagement intérieur : le sol est couvert de carrelage et de bois de l’entreprise creusoise Ambiance Bois.
Je garderai les murs intérieur tel quel avec la vue des bouts des rondins.

En entrant à droite il y a la librairie avec la documentation sur l’agriculture biologique, l’eco construction, puis il y a la cheminée poêle de masse et mon bureau.

En entrant à gauche il y a un plan de travail et une gazinière, une collection de céramiques (œuvres de différents amis potiers), et les étagères de rangement pour les produits des jardins.

Participation de professionnel de la construction en bois

Les responsables de l’entreprise Ambiance Bois (Faux la Montagne 23) et d’autres professionnels du bâtiment (en particulier constructeurs en bois) sont venus visiter le chantier par curiosité et par intérêt pour cette nouvelle technologie. A cette occasion, j’ai pu bénéficier de leur savoir-faire.

Démarche pédagogique du chantier de construction

Cette construction à été élaborée avec la participation de nombreuses personnes.
Des chantiers et des stages ont été organisé pour permettre au public intéressé de venir apprendre la technique de construction en bois cordé. Pour faire passer l’information, nous avons reçu le soutien de plusieurs revues sur les techniques de construction écologique. (Passerelle eco)

Coût total des matériaux mis en œuvre :
La plupart des matériaux étant des matériaux recyclés, le coût total des matériaux s’élève à 1500 € (!!!)

La technique du bois cordé :

Cette technique de construction est originaire du Canada, idéale pour des climats froids et humides. L’effet finale ressemble à un tas de bois, d’où l’appellation Bois cordé, une corde de bois. Sa caractéristique principale réside dans des murs fait de rondins de bois (dont la longueur égale l’épaisseur du mur), maçonnés ensemble avec un mortier fait de sciure de bois, de sable et de ciment. Aujourd’hui, cette nouvelle technologie de construction écologique est utilisée et enseignée dans divers centre de formation à l’éco construction comme le Gabion (Ardèche), le Bio Lopin (Jura), le centre Terre Vivante (Drôme) et l’Eco Centre du Périgord.

Technique améliorée :

J’ai amélioré cette technique pour l’adapter aux contraintes climatiques locales en utilisant de la sciure et de la chaux uniquement pour le mortier, ce qui améliore encore les propriétés isolantes.
Sans sable le mortier devient plus isolant et plus léger à travailler. Et en remplaçant le ciment par de la chaux aérienne et de la chaux hydraulique, on évite les problèmes de retrait entre le mortier et le bois une fois sec, la chaux possédant la particularité de sécher très lentement et de se colmater par elle même. On exclut ainsi le risque de voir des jours se former entre le bois et le mortier, néfastes à l’isolation.
Lors de la visite d’une construction faite par un ami creusois utilisant ce mortier sans sable ni ciment, j’ai pu constater de l’efficacité de ce procédé. Les murs exposés de cette maison âgée de huit ans ont très bien résisté aux intempéries.
Le bois utilisé d’habitude pour cette technique là doit être fendu au préalable, avec la nouvelle technique creusoise nous pouvons utiliser des rondins entiers.

Choix écologique de l’utilisation de la chaux hydraulique et de la chaux aérienne :

Plus écologique à la fabrication que le ciment, elles sont produites à partir du même matériau mais celui-ci est chauffé à une plus basse température: 900° C pour de la chaux hydraulique et seulement 600° C pour de la chaux aérienne contre 1400° C pour faire du ciment. Les gains énergétiques sont importants.
La chaux possède la propriété de durcir avec le temps : elle prend longtemps pour durcir mais continue indéfiniment.

Solidité à long terme : l’utilisation des deux chaux en mélange, chacune ayant une propriété différente pour un résultat d’une efficacité maximum. La chaux est un matériau qui épouse très bien le bois, par sa souplesse et sa lenteur de durcissement, le bois peu travailler, la chaux l’accompagne. La chaux possède une autre propriété, elle ne plaît pas aux rongeurs ni aux insectes xylophage, elle protège donc le bois.

Détails techniques de fabrication des murs en bois cordé :

  • les rondins mesures 43 cm de longueur et de 15 à 20 cm de diamètre
  • ils sont maçonnés avec un mortier fait de sciure et de chaux
  • les proportions sont, pour 25 kg de sciure sèche, 13 kg de chaux aérienne et 13 kg de chaux hydraulique, 5 à 10 litres d’eau
  • le mortier est utilisé aux deux extrémités des rondins et l’espace compris entre les rondins est rempli par des copeaux de bois pour l’isolation.

Les atouts de cette technologie

Les atouts de cette technologie sont les suivants :

  • grande flexibilité quant aux essences de bois utilisées. On peut ainsi utiliser et valoriser toutes les essences locales disponibles (châtaigner, chêne, hêtre, conifères…) et éviter un transport de bois nuisible à l’environnement.
  • des morceaux de bois de tout diamètre et de toutes dimensions peuvent être utilisés. L’arbre tout entier est valorisé, et on évite le gaspillage.
  • cette technique ne demande pas de gros travaux physique: elle est idéal pour l’auto construction et l’expérimentation technique.
  • l’isolation tant thermique et sonore est de grande qualité: ceci est du aux propriétés du bois le mur une fois fini n’a besoin ni d’enduit, ni de couche de finition ni d’isolant supplémentaire.
  • l’aspect esthétique est intéressant: on peut jouer avec la forme et la taille des sections de rondins, les couleurs des différents bois.
  • cette technique offre une grande flexibilité dans les formes du bâtiment. On peut ainsi construire des formes variées. Pour ma part, j’apprécie les formes organiques: murs arrondis, courbes, etc.
  • en finition, on peut facilement incorporer des touches d’originalité pour l’aménagement intérieur : rondins plus long qui servirons par la suite de supports à des étagères ou encore sculptés, petites niches dans les mur, etc.
  • enfin, l’utilisation des chaux hydraulique et aérienne est plus écologique dans sa fabrication que le ciment et possède des propriétés très intéressantes. (voir plus haut)

Quelques contraintes techniques

  • Il faut maçonner le mortier à la chaux avant les périodes de gel, sinon il risque de s’effriter.
  • Un long travail de préparation est nécessaire : tous les rondins doivent être écorcés.
  • Si l’on utilise le mortier traditionnel avec sciure, sable, chaux et ciment, celui-ci durcissant rapidement du fait de la réaction chimique du ciment, le bois se rétracte et des jours apparaissent entre les rondins et le mortier lorsque le bois est sec. Dans la déclinaison locale de cette technique, nous ne rencontrons pas ce problème. Cependant la contrainte de temps est plus forte: on ne peut maçonner des murs autoporteurs que de 90 cm de haut, et il faut ensuite attendre un mois pour que la chaux soit suffisamment dure pour continuer en hauteur.

Lien vers la vidéo

Alimentation du bâtiment en eau et en énergie, assainissement existant :

La maison est branchée au réseau d’eau potable depuis la maison en pierres, par une canalisation PVC souple Ø25 enterrée à 1,50 mètre. Les branchements électrique et téléphonique sont faits depuis la maison et les câbles passent en tranchée commune jusqu’à la nouvelle construction.
Le poêle de sciure : j’ai proposé ce projet de ma conception (plans et dessins techniques) comme exercice de travaux pratiques aux élèves du lycée professionnel d’Aubusson.

Ce projet ayant été validé par l’équipe pédagogique, les élèves du lycée l’ont mis en Å“uvre, et par la suite en ont fabriqué d’autres pour des personnes qui en ont fait la demande. Ce poêle fonctionne à partir de sciure. Il a une autonomie de 12 heures pour l’utilisation d’une cartouche de combustible, et je travaille en ce moment à l’améliorer au point de vue de la masse pour la conservation de la chaleur.

Un chauffe eau solaire : de haute technologie.
Assainissement des eaux usées : bassins de filtres plantés

Les eaux usées produites dans le bâtiment proviennent sont exclusivement des eaux de vaisselle, très peu chargées. Cependant, j’ai choisi d’en assurer l’assainissement par un système de bassins de filtres plantés. Conçu par l’association eau vivante ( Nantes) et construit lors d’un stage organisé par cette même association, ce système fournit un rendement épuratoire optimal. Précisons qu’il n’y aura pas de toilettes dans la maison en bois cordé, la maison en pierre étant déjà équipée d’une fosse septique adaptée.

Sont en projet un poêle de masse avec four, et à plus long terme la construction d’un gazogène pour la production d’électricité sur le lieu, avec le soutien technique de l’institut National des Sciences de Bangalore (Inde).
(Voir croquis, emplacement de la fosse septique et textes de présentation des bassins de filtres plantés en annexe)
Le bâtiment en bois cordé construit pour avoir un endroit d’intimité. Étant la propriétaire d’un lieu et d’une maison régulièrement fréquentés par les membres de diverses associations, j’ai besoin d’un espace privé, tant pour travailler sur mon bureau que pour entreposer mes effets personnels. Ce bâtiment me permet de préserver un peu d’intimité.

Le bâtiment en bois cordé est pour mon usage personnel. L’accueil du public (lors des journées portes ouvertes par exemple) se fait dans le bâtiment principal qu’est la maison en pierre. Jardins, aménagements extérieurs et travaux paysagers. La pente du terrain est orientée plein sud.

Un premier travail a été de modeler le sol pour faire des jardins en terrasses planté de fleurs, de petits fruitiers et de jardins potagers.
Je cultive le sol en alternant jardins fleuris, vergers et potagers: cela crée un petit paradis à visiter. Il y a de nombreuses curiosités à découvrir…
Un des membres de l’association a construit une très jolie serre en bois de châtaignier qui sert pour le moment de lieu d’exposition des produits de l’association en attendant la construction d’une boutique. C’est l’objet d’un autre projet qui sera réalisé en 2005 par un professionnel. de construction ossature bois et bâtiment hexagonal.

Très intéressée par la greffe sur arbre fruitier, je reproduit certaines variétés locales ainsi que d’autres qui m’intéressent (belle fille, lombard, reinettes grises, prunes dindons…). J’ai aussi commencé la création d’un arboretum sur le lieu en plantant environ 250 arbres et arbustes d’essences variées: au point de vue botanique il y a une grande variété de plantes sur le site, favorisant la biodiversité locale.

D’autre part, je cultive des variétés anciennes, des légumes perpétuels et je travaille en partenariat avec des associations qui agissent pour la préservation du patrimoine floristique.

Lien vers la vidéo

Conclusion :

Le bâtiment en bois cordé est un exemple de construction écologique, tant par les matériaux utilisés (locaux et naturels) que par les technologies mises en Å“uvre, peu dévoreuses de matières premières et d’énergie. Respectueuse de l’environnement, elle est d’une grande efficacité du point de vue bioclimatique. C’est un bâtiment modeste mais qui a du caractère et la toute la personnalité que je lui offre au quotidien.
Cette construction n’est pas seulement un bâtiment, c’est aussi une création artistique et le fruit d’un investissement personnel important. Elle est pour moi le seul moyen aujourd’hui de pouvoir vivre sur le lieu sur toute l’année et continuer la mise en pratique et le partage de savoir-faire pour le respect de l’environnement.

Les raisons de sa construction

Depuis 1994, je rénovais une maison en granit, dans le but de l’habiter. Il s’agit d’une maison creusoise qui n’a pas été habité depuis plus de 100 ans, sans toit et avec très peu d’ouvertures latérales. Elle n’avait pas de sanitaires et n’était branchée à aucun réseau (électricité, téléphone, eau potable).
N’ayant pas beaucoup d’argent (j’étais apprentie potière), je faisais les travaux moi-même, à savoir la reconstruction du toit, la création d’ouvertures maçonnées en granit, et l’aménagement intérieur. Comme la maison était toute petite (25m²), j’avais décidée de transformer la grange attenante en partie habitable, les travaux prenaient en conséquence beaucoup de temps mais j’avançais bien quand même. Pour cela j’ai obtenu un permis de construire et je me lancée dans des travaux de grande envergure. J’apprécie tellement le travail de maçonnerie en pierres que le projet est devenu non seulement un travail de rénovation mais aussi une pièce d’Å“uvre, avec une tour et une entrée faite de voûtes en granit (voir permis de construire).

Malheureusement en 2002, j’ai eu un sérieux problème de santé (hernie discale) qui m’a empêché de pouvoir continuer moi même les travaux en pierres (le granit est un matériaux très lourd) et n’ayant pas les moyens financiers pour embaucher des professionnels, il fallait que je trouve une solution rapidement. J’ai commencé à habiter la maison en l’an 1996, mais avec mes problème de santé depuis 2002 j’ai dû partir vivre ailleurs pendant la saison froide, la maison en pierres n’étant pas finie, n’est pas isolée ni chauffée. Qui plus est, il y a des infiltrations d’eau qui inondent le sol.

En 2002, j’ai décidé qu’il était important que je me construise un lieu sur place où je puisse habiter durant l’hiver, ne serait-ce que pendant quelques années le temps de guérir mon hernie discale et de finir les travaux de la maison en pierres. Une autre raison qui s’ajoutait à l’urgence de construire ce lieu est que depuis l’année 2000, je loue le terrain et les bâtiments à une association, « Tout autour de la Terre ». J’avais besoin d’avoir un espace privé.

J’ai d’abord déposé une demande de permis de construire pour une maison en paille, puis je me suis aperçu que ce projet était trop ambitieux pour mes moyens financiers et surtout trop complexe.
Pour pallier l’urgence, j’ai décidé de construire une maison plus petite qui serait semi-enterrée et faite en « bois cordé », une technique innovante, simple et rapide à mettre en Å“uvre. Je suis allée demander conseil à la DDE (subdivision de Bourganeuf-Pontarion) et un agent en charge de l’application du droit des sols m’a affirmé qu’il n’y avait pas besoin de permis de construire pour un bâtiment souterrain à partir du moment où on ne la voyait pas de la route. Ainsi, le bâtiment en question n’est pas construit dans les périmètres constructibles du POS (Plan d’Occupation du Sol), mais en limite de celui-ci.

Construction du nouveau bâtiment : déroulement chronologique

Janvier 2002, j’ai déposé une demande de permis de construire pour une construction (bâtiment à 12 côtés) puis je me suis aperçue que ce projet était trop ambitieux pour mes moyens financiers, et je l’ai donc abandonné.
J’avais découvert la technique de construction en bois cordé dans des revues sur la construction écologique, et comme il y avait beaucoup de bois disponible sur le lieu (du bois tombé pendant la tempête de décembre1999), j’ai décidé de faire une construction plus petite et en bois cordé.
J’avais sondé le sol du lieu lors de la création des jardins de Permaculture, Peyreladas (Pierre levée en Occitan) est un socle de granit, il n’y a pas beaucoup de terre, le seul endroit possible pour faire la construction était un lieu sortant de 10 mètres du P.O.S.
J’ai exposé mes réflexions à l’agent de la DDE ( subdivision Bourganeuf Pontarion) qui m’a affirmé qu’il n’y avait pas besoin de permis de construire pour une construction souterraine, qu’il ne fallait pas qu’elle soit visible de la route, soulagée d’avoir enfin trouvé une solution, j’ai opté pour ce choix là et je me suis lancé dans les travaux. J’ai choisi de faire une petite construction qui serait orientée plein sud et semi enterrée pour une raison bio climatique. Elle serait tempérée par le sol comme une cave, et toute petite, correspondant à mes moyens financiers (maximum 10 000 Francs).

Au printemps 2002 j’ai commencé à creuser pour préparer les fondations de cette maison qui serait semi enterré et qui épouserait la ligne du paysage, le toit serait la continuité des jardins.

De Juillet à Octobre 2002, pour les travaux de façonnage j’ai reçu de l’aide de personnes intéressés à apprendre la technique du bois cordé, puis pour la construction du toit, l’hiver arrivait et j’ai dû faire la plus grande partie du travail moi même, mon frère Lionel est venu à trois reprises pour m’aider à poser les poutres les plus grosses, la construction du toit m’a pris quatre mois à temps complet (de novembre à février, dans le froid et la pluie quotidiennement). Un chantier fut organisé par l’association et avec le partenariat d’une autre association pour que les personnes intéressée puissent découvrir la technique et donner un coup de pouce aux travaux d’écorçage du bois et façonnage des murs.
En Avril 2003 dès que le toit fut étanche, je me suis installée dans la maison, enfin soulagée d’avoir un espace privé en dehors de la maison en pierres où il y a beaucoup de monde en permanence, et j’ai continué les travaux d’intérieur tout en habitant le lieu. (Menuiserie, pose de carrelage, etc.).

Pendant l’été 2003 pour la suite de ces travaux, j’avançais lentement, dans la mesure de mes capacités, en tant qu’auto constructeur, femme, et avec des problèmes de santé et dans la mesure de mon temps disponible.

J’ai passé mon premier hiver sur le lieu en chauffant la maison avec un poêle à sciure de mon invention, je n’avais pas encore fini le toit, la maçonnerie des trois puits de lumière étant un projet complexe.

Au printemps 2004 : la surprise de recevoir la visite de la gendarmerie qui m’ont informé d’une plainte du Maire de Ars et le début de grands soucis. J’ai mis un peu de temps pour me remettre de l’état de choc, prendre conscience de l’étendue des conséquences qu’un simple malentendu pouvait avoir.

L’été 2004 je n’ai donc pas beaucoup avancée dans les travaux, ne sachant pas si la maison pourrait être régularisée, j’étais accablée par la peur que la maison soit détruite, moralement je ne savais pas si je pourrait me remettre de l’éventualité que la maison soit détruite, je m’y suis tellement investie.

Comme je me disais que le problème était que l’on voyait la maison de la route en bas, j’ai planté une haie devant la maison pour la dissimuler encore plus qu’elle ne l’est déjà, en effet j’avais déjà planté tout un vergers au Sud de la maison. Cet automne je me suis un peu re-moralisée, cette maison est si belle, alors en ce moment, je continue les travaux sur le toit pour que les personne qui déciderons de l’avenir de cette construction puisse voir un travail propre et fini. Quand les gendarmes sont venus prendre les photos ce printemps2005, j’étais en plein chantier et je me doute que cela ne doit pas être bien joli avec au-devant la bétonnière et les matériaux de construction.


Je pense encore avoir écho dans l’esprit de certaines personnes ;)

 

Comme dit Jésus dans les textes apocryphes de Nag Hammadi (évangile de Thomas/Judas) : “Que celui qui a des oreilles entende !”

Mes respects.

  1. françois, le 20/02/2012
    avatar

    cette idée de bois cordé est super intéressante, plein de possibilités en utilisant des essences différentes. bravo.
    Pour votre mortier chaux-sciure, vous auriez intérêt à rajouter un peu de latex liquide (sikalatex ou équivalent), ça permet de diminuer considérablement la quantité d’eau de gâchage (effet mouillant, réducteur d’eau), ça colle mieux, moins de retrait, consistance encore plus souple pour le maçonnage, meilleure dureté après séchage.
    J’ai fait ce mélange il y a 5 ou 6 ans pour faire une vingtaine de kg de mastic à bois, aucun retrait.

  2. annick, le 7/06/2011
    avatar

    je suis admirative de ce que vous avez créé, merci de montrer que cela est possible.
    “celui qui cherche trouvera, et à celui qui frappe, on ouvrira” tj Thomas…
     

  3. arka, le 30/12/2010
    avatar

    Très belle maison, j’adore le bois cordé et si j’avais 2 vie j’en prendrais une pour une maison en bois cordé. Cordialement.

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