Contre la Pensée Unique – blog

Diagnostic prénatal et eugénisme

eugenisme-science

Deux raisons empêchent d’aller jusqu’à « l’enfant parfait », quelles que soient les pulsions individuelles et les pressions sociales. La première est anthropologique : l’enfant parfait, ce serait qui ? il serait comment ? Nul ne le sait. La seconde raison est biotechnologique : on ne saurait pas fabriquer l’enfant parfait quand bien même on prétendrait le définir. Ce qui nous menace c’est l’illusion de la norme en même temps que le refus de la différence. C’est une vieille histoire, vieille comme l’humanité, que cette pulsion pour se débarrasser des « tarés » (eugénisme négatif) ou vouloir créer des êtres « de qualité supérieure » (eugénisme positif). Longtemps on a prétendu y parvenir en tuant les enfants ou en empêchant la procréation des uns et en favorisant celle des autres, exceptionnellement en éliminant des populations entières. Quel bilan de cette sauvagerie quand elle prétendait agir sur des critères de « normalité » identifiés ? Il semble bien que les meurtres, souffrances et humiliations imposées n’aient eu aucun effet sur la « qualité humaine », surtout parce qu’on n’osa pas les généraliser (comme on a fait pour la sélection des plantes ou animaux domestiques), et que le vivant génère sans cesse de la différence.

Qu’en est-il des pratiques eugénistes contemporaines ? Ce qui caractérise le nouveau territoire de l’eugénisme c’est qu’il nécessite l’accord, et même la sollicitation des actes par les êtres ainsi ciblés ou leurs tuteurs.

Jacques Testart, biologiste de la procréation et directeur de recherche à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), avertissait déjà dans son livre « L’œuf transparent » du risque potentiellement eugénique du dépistage pré-natal (DPN), du dépistage pré-implantatoire (DPI) et de l’Assistance médicale à la Procréation (AMP).

Voici une de ses interventions tirée de la session de conférences « Semons la biodiversité » d’octobre 2008.

  1. jean louis, le 8/07/2010
    avatar

    L’idée de l’enfant parfait ou d’un enfant répondant à des critères est, évidemment, désastreuse, dangereuse.
    Mais certains couples devraient être piqués pour ne pas avoir d’enfant, quand on voit ce qu’ils sont. C’est sûr. Le problème est : selon quels critères et qui décide ?

Intervenir

Notifiez-moi des commentaires à venir via e-mail. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.

Nous Suivre Administration