Créé pendant la guerre froide en 1948 par la NSA, ECHELON est un réseau international de surveillance de toutes les communications électroniques (appels téléphoniques, fax, mails…) qui s’échangent à travers la planète. Ses satellites seraient capable d’intercepter 2 milliards de messages par jour, en fonction de certains mots-clés repérés par un système d’intelligence artificielle.
C’est un réseau global, appuyé par des satellites artificiels, de vastes bases d’écoutes situées aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande, des petites stations d’interception dans les ambassades, et le sous-marin de classe Seawolf USS Jimmy Carter, entré en service en 2005 pour écouter les câbles sous-marins de télécommunications.
Il intercepte les télécopies, les communications téléphoniques, les courriels et, grâce à un puissant réseau d’ordinateurs, est capable de trier en fonction de certains termes les communications écrites et, à partir de l’intonation de la voix, les communications orales.
Un programme mondial
Si ECHELON est effectivement sous contrôle américain, il est géré conjointement par les services de renseignements des États membres du UKUSA :
- la NSA (National Security Agency) pour les États-Unis qui en est le principal contributeur et utilisateur ;
- le GCHQ (Government Communications Headquarters) pour le Royaume-Uni ;
- le CST (Centre de la sécurité des télécommunications) pour le Canada ;
- la DSD (Defence Signals Directorate) pour l’Australie ;
- le GCSB (Government Communications Security Bureau) pour la Nouvelle-Zélande.

Ces pays se partagent les ressources du systèmes, dont le Royaume-Uni, membre de l’Union Européenne : 2 000 personnes, dont 1 500 Américains, travaillent sur la base F83 (à Menwith Hill, dans le Yorkshire) au Royaume-Uni, la plus grosse hors des États-Unis.
Toutes les informations récoltées par le réseau ECHELON sont analysées au quartier général de la NSA à Fort George G. Meade (Maryland, États-Unis).
La riposte européenne
Bien que plusieurs autres pays aient mis en place des systèmes similaires (comme le système surnommé Frenchelon en France), ECHELON reste aujourd’hui le plus puissant des systèmes d’écoute. D’abord utilisés pour des actions militaires et politiques, ces réseaux ont servi, depuis la fin de la guerre froide, dans une optique d’espionnage économique. Il aurait été utilisé pour faire gagner des contrats à des compagnies américaines face à ses concurrents.
Le Parlement européen, via sa conférence des présidents de groupes, a approuvé le 5 juillet dernier la constitution d’une commission d’enquête de 36 eurodéputés sur le système d’interception ECHELON. Celle-ci est sans réel pouvoir : elle devra se contenter d’informer les députés et de pfaire des propositions politiques et législatives. Cette décision est l’aboutissement de plusieurs enquêtes menées par les institutions européennes.
Son rapport final (18 mai 2001) indique :
“Le système désigné sous le nom de code “ECHELON”, se distingue des autres systèmes de renseignement par le fait qu’il présente deux caractéristiques lui conférant un niveau de qualité tout particulier.
La première qu’il est réputé avoir, c’est la capacité d’exercer une surveillance pour ainsi dire totale. Par l’intermédiaire surtout de stations de réception satellitaire et de satellites–espions, toute communication d’une personne transportée sur n’importe quel support – téléphone, téléscripteur, réseau Internet ou courrier électronique – peut être interceptée aux fins de prendre connaissance de son contenu.
La deuxième, c’est que le système “ECHELON” exerce ses activités à l’échelle planétaire grâce à la coopération de plusieurs États (Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande)
Questions sans réponse
Le gouvernement américain n’a pas autorisé les entretiens que les membres de la commission souhaitaient avoir avec le Centre. Deux questions qui suscitent des doutes n’ont donc pu être tirées au clair:
a) la commission dispose de documents qui semblent établir une participation de la CIA aux activités du Centre ;
b) parmi les informations qu’il fournit sur Internet, le Centre indique qu’il rassemble les ressources de 19 “government agencies” des États-Unis. Par ailleurs, il n’est fait état que de 14 organismes. Pourquoi les noms de 5 de ceux-ci ne peuvent-ils être rendus publics ?
“La plupart du temps, les stations d’interception sont gérées officiellement par des militaires, qui prennent également en charge l’aspect technique de l’interception. Ainsi, dans le cas de la NSA, par exemple, c’est le Naval Security Group (NAVSECGRU) ou l’Air Intelligence Agency des forces aériennes américaines (AIA) qui assure le fonctionnement des stations. Dans les stations britanniques, c’est la Royal Airforce qui gère les installations pour le compte du service de renseignement britannique (GCHQ). Ces dispositions garantissent un contrôle militaire strict de l’installation, tout en permettant de camoufler les activités.”
Investigations et oppositions
Journaliste indépendant, Duncan Campbell travaille depuis plus de 20 ans sur les questions liées à l’utilisation des nouvelles technologies par les services de renseignement. En août 1988, il fut le premier à détailler le projet américano-britannique P415 (ECHELON), un système de surveillance électronique global qui vise les communications civiles.
Des travaux menés par le néo-zélandais Nicky Hager (dans son livre Secret Power, 1996) fournissent des détails extrêmement précis sur ECHELON, notamment un fonctionnement à base de mots-clés. On y découvre alors beaucoup de centres d’intérêts qui n’ont pas forcément attrait à la sécurité. Hager y détaille également la participation néo-zélandaise au réseau à l’heure où les affaires d’espionnage économique se multiplient.
Un groupe de femmes, la Women Peace Camp, âgées en moyenne de plus de 60 ans, s’oppose à la présence de la base de Menwith Hill (celle du Yorkshire au Royaume-Uni). Dès 1994, elles installent des caravanes en face de la base; évacuées sans ménagement elles alertent l’opinion publique. Pendant plus de 2 ans, elles se sont introduites plusieurs fois dans la base et ont fait ses poubelles sans éveiller les soupçons. Grâce à des photocopies ratées des fax elles réussissent à mettre à jour près de 250 systèmes opérant à Menwith Hill, et plusieurs bases implantées sur le sol britannique inconnues jusqu’à présent. Suite à leurs multiples actions, elles multiplient les procès et les périodes d’incarcération.
Ressources
Et enfin un documentaire pour conclure sur ECHELON :














bonjour, pour que lucidités soient équipées d’évidences où, comment monopoliser, je vous propose ces quelques repères, à méditer, où l’illimité même partout n’aura mené nulle part le monopole de la considération…
le monopole de la concentration, l’extrême densité de tous les composants possibles avec uniquement le vide absolu comme environnement ; le monopole du centre, partout densité extrême illimité qui contient uniquement tout le vide absolu ; le monopole de la centralisation, partout densité extrême illimité qui contient uniquement tout le vide absolu devient partout densité extrême illimité sans vide ; le monopole de la déconcentration, partout densité extrême illimité sans vide ; le monopole de la décentralisation, le vide absolu partout
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sincères salutations