Contre la Pensée Unique – blog

Vouloir refaire le monde

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Assis confortablement à la table du jardin, verre de vin à la main et en agréable compagnie, nous nous plaisons tous à “refaire le monde”. Nous aimons exposer les absurdités de la société, ses problèmes et ses enjeux, et nous prenons un malin plaisir à en repenser les fondations et à restructurer tout ce qui “ne va pas”. Ce faisant, lorsque nous nous penchons sur les raisons d’être d’un tel état de choses, la majorité d’entre nous en arrive rapidement à la conclusion que nos sommes victimes de nos dirigeants car ceux-ci nous manipulent, nous contrôlent via des techniques dignes de Machiavel, nous conditionnent par l’entremise des médias et ne font de nous qu’une main-d’Å“uvre bon marché sur leur échiquier économique. Nous ne nous gênons pas non plus pour clamer haut et fort que les religions de ce monde nous ont manipulés depuis la nuit des temps et que le système monétaire nous a corrompu l’esprit et a fait de nous d’avares matérialistes.
Certes, tout cela est vrai et lorsque nous en prenons réellement conscience, notre réaction est unanime et sans équivoque : nous voulons refaire le monde.

Puisqu’il est malade, nous voulons le guérir en éradiquant pauvreté et maladie, et puisqu’il est en désordre, nous désirons sincèrement le replacer adéquatement en mettant fin aux guerres et à l’avarice. C’est ainsi que, confortablement assis dans le jardin de notre résidence secondaire, nous remettons tout le système social en cause : chaque parcelle de sa constitution et chaque principe de sa fondation sont, selon nous, à revoir entièrement. Et si nous étions les élus et acteurs de ce système, s’ensuivraient discussions, réflexions, comités de sélection, votes et nouvelles lois, politiques et règlements plus “justes”.

Mais à bien y penser, puisque la dynamique de base demeurerait la même, il est fort à parier que rien ne changerait réellement. Il est simple de refaire ainsi le monde, dans le confort même de celui-ci, dénonçant hypocritement son caractère matérialiste alors que nous sommes entourés de biens superflus, nous indignant devant sa mentalité perverse alors que nous jugeons sévèrement chacun de ses participants.

Mais nous ne nous demandons pratiquement jamais s’il ne serait pas possible qu’une société, quelle qu’elle soit, ne soit pas réellement à l’image de ses constituants de base, c’est-à-dire des êtres qui la forment. Il nous arrive rarement de nous rendre compte que la société dans laquelle nous vivons n’est qu’un reflet, un miroir, et que l’image qu’elle nous renvoie n’est en réalité que notre propre image. En effet, comment une société, aussi malsaine et pernicieuse soit-elle, pourrait-elle être ainsi si chacun de nous, intérieurement (et habituellement sans se l’avouer) n’étions pas ainsi ? Et si toutes les faiblesses et perversions de la société actuelle n’étaient autres que le reflet, à plus grande échelle, de nos propres états d’âme, de notre propre façon d’être, de penser et d’agir ?

Il n’est certes pas agréable de nous imaginer aussi “dysfonctionnel” que le système égocentrique qui nous entoure, mais il faut nous rendre à l’évidence : si nous y vivons, si nous y participons, c’est que nous l’acceptons, d’une façon ou d’une autre, et l’alimentons de surcroît. Sans quoi, nous n’en ferions pas (ou plus) partie.

Il va donc sans dire que chacun de nous qui accepte de vivre selon les normes établies, qui accepte que “ce soit ainsi”, continue alors, jour après jour, à prêter serment en quelque sorte, à signer ce contrat d’ “union légale” avec ce système et accepte ainsi la sentence inscrite au bas de celui-ci en caractères minuscules (sentence que nous ne connaissons d’ailleurs que rarement puisque nous prenons rarement le temps de la lire et d’y réfléchir).

La société est donc ainsi faite. Qu’on le veuille ou non, elle est constituée d’êtres endormis et inconscients : d’êtres indifférents à la sentence commune. Elle se compose d’esclaves qui se croient souverains tant et aussi longtemps qu’ils ne perdent pas trop au jeu qu’on leur impose. En somme, elle est faite d’êtres faibles qui refusent de prendre leurs responsabilités et préfèrent qu’on les dirige. Puisque nous refusons obstinément de prendre notre pouvoir personnel en main et d’ainsi diriger nos vies comme nous l’entendons, sans “pouvoir officiel” pour nous mener vers le “droit chemin”, nous n’utilisons ni ne cultivons notre habileté à penser par nous-mêmes, mais préférons grandement accepter nonchalamment les consensus et les prêts-à-penser dans le confort et l’indifférence.

Et voilà que lorsque nous nous affairons à “changer le monde”, c’est dans le confort que celui-ci nous apporte et c’est surtout à défaut d’entreprendre la difficile tâche de se remettre soi-même en cause. En effet, il est beaucoup plus facile de pointer du doigt les rouages inadéquats du système en place que de reconnaître les faiblesses en soi. Et le tout selon la fausse rhétorique que si le système change notre vie changera. Mais notre façon d’être, dans l’état actuel des choses, continuera d’exiger un système qui nous prenne en charge, prenne soin de nous et aille même jusqu’à penser pour nous. Et c’est ainsi qu’à coups de réunions, de décrets de lois et de signatures de contrats qui détermineront qui s’occupera de quoi que rien n’aura réellement changé, puisque nous désirons toujours que quelqu’un d’autre prenne la responsabilité à notre place.

Si le système est ainsi fait, c’est que nous sommes ainsi, tout simplement.

Vers un changement de soi ?

Il faut donc se rendre à l’évidence : ce que nous devons changer, c’est nous-mêmes, car c’est la seule chose que nous pouvons changer. C’est seulement en refusant notre dynamique interne que nous pouvons y parvenir car c’est uniquement en réalisant que le système présent utilise nos faiblesses pour réussir à être ce qu’il est, et qu’il est indispensable de nous défaire de celles-ci plutôt que du système lui-même.

Mais ce n’est pas chose aisée de laisser tomber ce que nous avons trop longtemps considéré comme “soi-même”, notre personnalité, notre “identité”, c’est-à-dire nos habitudes physiques, mentales et émotionnelles, notre confort et nos conceptions habituelles du monde. Tout cela n’est pas une mince tâche : tenter de modifier ne serait-ce que la plus petite de nos habitudes, de façon substantielle, semble parfois relever de l’impossible et s’avère normalement d’une difficulté déconcertante.

Mais comme si cela n’était pas déjà assez ardu, s’ajoute à cette difficulté initiale un autre élément de taille, celui de connaître réellement ce qu’est soi-même. Cela peut sembler sorti tout droit d’un biscuit de fortune existentialiste, mais nous définissons notre “soi-même” trop souvent et à tort comme étant l’ensemble de nos habitudes. Ne serions-nous en réalité que cela ? Et si nous modifiions fondamentalement une ou plusieurs de nos habitudes (car nous le pouvons), cesserions-nous d’être nous-mêmes ? Lorsque nous fermons les yeux et tentons de trouver cet espace intérieur, savons-nous réellement ce que nous sommes ? Nous arrive-t-il de nous rendre compte que cet espace intérieur est indépendant de nos habitudes ?

Le message des enseignements traditionnels est majoritairement axé sur la connaissance de soi. Si nous ne nous connaissons pas réellement, ou pire, croyons à tort nous connaître en fonction de nos habitudes, comment pouvons-nous réellement espérer changer la plus petite parcelle de ce monde en ne sachant même pas nous définir nous-mêmes et encore moins changer ce nous-mêmes d’un iota ?

Et c’est ainsi que, verre de vin à la main à notre résidence secondaire et en agréable compagnie, nous nous vautrons dans cette gymnastique intellectuelle qui vise à exprimer notre ressentiment face à ce qui nous entoure sans même nous rendre compte que chacun de nous crée cette société dans laquelle nous vivons, et ce, au même titre que chaque arbre participe à la création de la forêt dont il fait partie. Nous disons souvent que c’est “l’arbre qui cache la forêt”, mais dans ce cas-ci, c’est la forêt qui devient un prétexte pour l’arbre.

Source : Zone-7.Net

 

  1. eva, le 4/09/2011
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    il y a une alternative au NWO : La démosophie… Qu’est-ce-que c’est ? REDONNER AU PEUPLE LES PLEINS POUVOIRS
    le gouvernement du futur, pour un monde sans politiciens

    http://demosophie.com/indexFR.htm

    C’est pour moi la solution que l’on cherche depuis longtemps! C’est la transition entre ce monde et l’avenir… Donc, je soutiens oui, tant qu’elle représentera une réelle solution pour nous sortir de l’esclavage dans lequel on se trouve.

    Il s’agit d’un mouvement de citoyens, mécontents du système actuel, et qui souhaitent en changer EN REDONNANT AU PEUPLE LES PLEINS POUVOIRS. Les Indignés ont d’ailleurs rejoint le mouvement démosophique.

    Il y a différentes rubriques traitant principalement du nouvel ordre mondial et ses dérivés. Commentaires, critiques, dénonciations des abus de l’état … – Et aussi toutes Idées Nouvelles qui participent à améliorer la démosophie.

    L’objectif est que la démosophie soit représentée dans divers pays à partir de 2012 lors d’élections présidentielles, tant pour mettre fin à la crise sociale et économique que pour offrir une autre alternative au « Nouvel ordre Mondial ». Le concept démosophique est soutenu par des libres penseurs de tous pays, surtout dans les milieux scientifiques et dans la Presse libre.

  2. TanKipass, le 5/12/2009
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    Quand au fait de se connaitre véritablement je pense que quelqu’un qui dans sa vie n’aura pas été tour à tour empereur, esclave, bourreau, victime, flic, délinquant, etc… (Et celui qui aura fait tout ça dans sa vie ressortira fou de toutes ses contradictions) ne peut pas prétendre se connaitre, le but n’est pas de se connaitre mais de se créer, nous saurons qui nous sommes une fois que nous serons achevé, peut être dans une autre étape de notre existence, pour l’instant nous nous créons tout en tentant plus ou moins d’adapter ce que nous créons au système, tout simplement pour que ce que nous créons puisse vivre dans ce système préexistant, mais bien sûr cela créé de la contrainte, si on veut créer un être compétitif dans ce système il faut bien souvent créer un être que nous n’aimons pas, pour s’accomplir on sent bien qu’il faut se détacher de ce système, mais il faut bien vivre n’est ce pas… Beaucoup n’ont pas le choix et s’empresse de créer un être compétitif, est ce de leurs fautes? peut on leur reprocher de s’adapter pour survivre? Je suppose que nous avons tous une conscience mais certains n’ont pas le loisir d’écouter ce qu’elle a à leur apporter, certain doivent très vite s’en débarrasser, il deviennent alors simplement des corps qui agissent et réfléchissent sans conscience… eux ont cessé de se créer, il sont comme des zombies qui agissent en fonction des évènements, comme réagirait une bactérie à un stimuli, ils sont eux et ne réfléchissent pas à ce qu’ils pourraient être d’autre, quelque fois la conscience refait surface devant un choix difficile mais elle sera bien souvent refoulée. Ceux là ont besoin  de savoir qui ils sont pour pouvoir recommencer à se créer, pour retrouver leur conscience  (d’ailleurs je me rend compte qu’au terme de ma réflexion j’en arrive sur ce point précis à la même conclusion que l’auteur de l’article) mais ils sont pris dans un engrenage, il n’est pas juste de les culpabiliser.
     
    ” Et le tout selon la fausse rhétorique que si le système change notre vie changera.”
    Et bien oui, c’est exactement ça, mais il est vrai qu’il est très difficile de se tenir devant cet effroyable monstre systémique et de se dire “bon bah voila, c’est la bête qu’il faut abattre si l’on veut gagner notre liberté et notre intégrité” on ne sait pas par ou commencer et on se tourne alors vers d’autre solution, mais pourtant il est bien là ce monstre, il enchaine et endoctrine, il divise, il fait tout pour rester maitre, et le fait de lui tourner le dos, de s’intéresser à autre chose, de méditer, ne retirera rien à sa réalité physique et à son énorme puissance et au fait que si on veut changer la logique qui prédomine aujourd’hui il va bien falloir à un moment y faire face, en attendant le tout est d’essayer d’y participer le moins possible ou mieux de s’en extraire au maximum ce qui n’est pas toujours possible…
     
     

  3. TanKipass, le 5/12/2009
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    Oui c’est la même chose avec la pollution, finalement nous sommes tous coupable…
    Hommes et femmes de tout les peuples, vous êtes responsable de votre situation, remettez vous en question!
    Ce discourt ne peut marché que pour les occidentaux qui sont rongés par la culpabilité… Les humains ne font que s’adapter à un système, on ne peut pas leur reprocher, la grande majorité des gens n’ont pas de résidence secondaire dans laquelle ils boivent du vin en refaisant le monde… Beaucoup n’ont même pas le temps de penser au monde, ils ont déjà bien assez avec leurs problèmes quotidiens.
     

  4. preacher_man, le 5/12/2009
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    Cet article constitue à lui tout seul une ligne de force de CLPU, qui s’inscrit dans notre Sainte Trinité “Informer > Réfléchir > Agir”. Toute information est inutile si elle ne mène à aucune réflexion, de même que chaque réflexion ne devrait trouver sa raison d’être que dans une application concrète, quelles que soient les opinions et choix de chacun.

  5. stoOody, le 4/12/2009
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    J’adhère.
    Trop souvent on se complaît à dénoncer les escamoteurs et autres méchants.
    “Pourquoi tout le monde veut sauver la planète mais personne ne veut aider mémé à faire la vaisselle ?”

  6. hypnoblepsique, le 1/12/2009
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    yééééé merci Zone-7 pour ce pti coup de “rappel de soi” :)
    faire preuve de discernement est la base de toute prise de position, même s’il est encore difficile d’agir en conséquence…
    pour ceux qui ont les nerfs solides, je propose ce texte : La Première Initiation… et si cette pilule-ci est trop amère, commencez par L’île des naufragés et découvrez le Crédit Social… histoire de vous débanksteriser :)

    dans ce monde où tant est à changer, rien de tel que l’auto-responsabilisation pour commencer !!

    j’envoie des gros becs à tous les motivés ;)

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