Préface
A l’heure où j’écris ces lignes, le monde, la France, entrent en récession, la crise se développe, s’installe, et s’intensifie.
Le système sombre dans sa schizophrénie.
Le monde financier, par ses activités spéculatives, a eu raison de la stabilité, déjà précaire, de l’économie réelle.
Une stabilité durablement et profondément affectée.
Cette sombre actualité ne fait que confirmer, qu’expliciter le Désordre Economique qui ronge notre monde et entraine les autres désordres et leurs conséquences explosives.
On voit, une fois de plus, combien le capitalisme est par nature instable, et combien cette instabilité est nuisible à notre civilisation comme à notre pays.
Cette crise, qu’elle que soit son issue, nous montre que le capitalisme n’est plus viable, et qu’il doit être, non pas réformé (il le fut déjà à plusieurs reprises, et manifestement inutilement), mais rapidement remplacé.
Mais par quoi ?
Telle est la question que se posent, légitimement, nombre d’entre vous.
Car penser la disparition du capitalisme amène obligatoirement à penser son remplacement.
Et jusqu’alors, le principal système alternatif au capitalisme, c’était le communisme, le marxisme.
Les critiques du communisme sont nombreuses, diverses, je ne m’y attarderai donc pas, ce n’est pas mon propos.
Mais je noterai tout de même rapidement ce qui, selon moi, constitue les principales raisons faisant du communisme un système aujourd’hui totalement décrédibilisé, erroné, et sans doute aussi obsolète que le capitalisme.
Le communisme apparait tout d’abord aux yeux de beaucoup sous les traits du stalinisme ou du soviétisme totalitaire, du collectivisme forcené et autoritaire. L’image de l’idéologie communiste semble donc être définitivement brouillée, et il y a peu de chances pour que cette image évolue suffisamment pour faire du communisme une réelle alternative menaçante pour le capitalisme.
D’autre part, le communisme se fonde sur l’idée des classes sociales antagonistes. Or, les faits sont là : il n’y a pas de conscience de classe, notamment du fait de la moyennisation de la société, ou plutôt du sentiment de moyennisation.
D’ailleurs, la réalité d’une société atomisée comme la notre rend le raisonnement en terme de classes sociales, bien définies et délimitées, hautement aventureux.
Le communisme, et c’est légitime au regard du contexte historique où il fut théorisé, n’est pas adapté. Il n’est pas à même de répondre aux Désordres qui menacent notre civilisation. Il apparait dans ses constats et dans ses solutions, comme obsolète, instable, sans doute autant que le capitalisme.
Au fond, de façon sans doute moins étendue mais tout de même dangereuse, un système communiste générerait des Désordres assez semblables à ceux du capitalisme.
Il ne peut, par conséquent, représenter une alternative crédible, ni souhaitable.
C’est donc un nouveau système alternatif qu’il nous faut bâtir, rapidement.
C’est une nouvelle impulsion qu’il nous faut donner à notre civilisation, à notre pays.
Ce sont les fondements de ce système alternatif, les bases du Post-Capitalisme que j’ai voulu ébaucher ici.
Sans doute ce concept n’est-il pas parfait, mais j’ai la conviction qu’il constitue une base théorique fondamentale et solide sur laquelle pourra se bâtir l’alternative d’une société apaisée et viable, une société qui permettra à notre pays, à notre civilisation d’entrer dans cette nouvelle ère que toutes et tous attendent et espèrent, consciemment ou non.
Introduction
Nous sommes aujourd’hui arrivés à un moment charnière de l’Histoire moderne, de l’Histoire de notre civilisation moderne, de notre Histoire, en tant que Français, comme en tant qu’Humains.
Et c’est aujourd’hui, c’est maintenant , qu’il faut se poser la question de la suite à donner à cette épopée que fut l’histoire de l’Humanité.
Aujourd’hui c’est la question de l’Avenir qu’il faut se poser, la question de notre Avenir, de celui de nos enfants, de celui des générations futures.
Nous sommes à un tournant de l’Histoire.
Depuis des dizaines de milliers d’années, l’Humanité se développe, sa population s’accroit.
L’Humanité évolue.
Et depuis des dizaines de milliers d’années cette évolution est bénéfique, et de façon générale, elle nous « tire » vers le haut.
Nous descendons des grands singes, nous avons appris à vivre en groupe, nous avons sans cesse innové, progressé. Nous avons fabriqué et conçu des vêtements, des outils.
Nous nous sommes adaptés.
Nous avons domestiqué le feu, apprivoisé l’Animal, développé une agriculture, un artisanat.
Nous avons sans cesse amélioré notre mode et nos conditions de vie, grâce à ce que la nature, dans son immense et riche diversité nous offrait.
C’est la nature qui nous a fait, nous nous sommes toujours construits grâce à elle et en complémentarité avec elle.
Progressivement, dans un élan d’union, et aussi, souvent, de conflits, nous avons bâti des villes, des cités puis des nations et au bout du compte, des civilisations.
C’est l’Histoire que nous avons bâti.
Et cette Histoire, qui nous a élevé, bonifié, nous ne la devons qu’au rapport que nous avions établi avec notre environnement, avec la nature.
C’est à la nature que nous devons les immenses avancées qui ont fait de nous ce que nous sommes devenus.
Et durant toute cette Histoire, notre rapport avec notre environnement, avec la planète, a toujours été positif, ou en tout cas pas assez négatif pour que cela le soit durablement.
Mais aujourd’hui tout a changé.
Depuis près de deux siècles, les choses ont changé, et elles ont changé de façon radicale et bientôt définitive.
Depuis l’avènement de la mécanique, du mode de production en série, depuis le début de ce que l’on appelle fièrement l’ère industrielle.
A partir de ce moment, il est devenu rentable de produire toujours plus, même si pour cela il fallait extraire toujours plus de matières premières et de ressources de notre environnement.
Même si pour cela il fallait rejeter dans la nature, dans notre environnement, cet environnement qui nous a permis de grandir et d’évoluer, cet environnement qui nous a tant donné, des déchets par millions de tonnes, des rejets de produits chimiques de toutes sortes, des gaz et autres pollutions dans des quantités pharaoniques.
Nous avons intoxiqué Mère Nature. Nous sommes en train de la tuer. Celle là même qui nous a nourri pendant des milliers d’années.
Nous l’avons intoxiquée.
Nous l’avons exploitée.
Nous l’avons vidée de ses matières premières.
Nous avons réussi à exploiter au-delà de l’imaginable toutes les ressources qu’il était possible d’exploiter.
Et cela nous détruisait. Cela consumait notre maison, et notre Raison.
Mais pourtant, personne ne se préoccupait des conséquences néfastes de cette surexploitation de notre environnement. Et quand, par miracle, on évoquait ces nombreux effets pervers et néfastes, c’était à mot couvert, en utilisant des termes comme « externalités négatives » .
Des externalités qui, tôt ou tard, seraient résorbées par le mécanisme vertueux du marché…
Voilà quel est le crédo de la quasi-totalité des protagonistes de ce parricide.
Mais hélas non. Le marché (et cela n’est guère nouveau) ne résout pas grand-chose, et encore moins dans ce domaine qu’est le respect de la Vie et de la Planète.
Nous avons fait, il y a quelques siècles, le terrible choix de ce système, de ce mode de vie, hypothéquant ainsi notre avenir, celui des générations futures et même celui de la planète toute entière.
Mais pourquoi ne pas avoir réagi ?
Pourquoi ne pas avoir changé d’orientation face à ce désastre annoncé?
Et bien il semblerait que peu avaient intérêt à court terme à ce que changent les choses. Et pourquoi changer après tout? Les propriétaires des capitaux, des moyens de production et de distribution faisaient des bénéfices toujours plus grands, les « masses », les travailleurs, les consommateurs n’en savaient rien , ne s’en préoccupaient guère, et de toute façon étaient trop occupés à travailler, à produire, pour réaliser que leur œuvre était celle de la destruction, celle qui mènerait l’Humanité au bord du gouffre.
Les masses produisaient, et produisent encore.
Elles produisent ce que l’on appela rapidement de la « Valeur Ajoutée ».
Cette « Valeur Ajoutée » qui alimente les chiffres d’une croissance qui devint vite l’objet de tous les cultes des dirigeants, des entrepreneurs et pour finir, de la population toute entière.
« Croissance » : ce mot semble si positif, si porteur d’avenir , d’espoir et de promesses, au plus profond de son étymologie !
Mais il n’en n’est rien.
A chaque point de croissance « gagné », c’est autant de forêts qui partent en fumée.
A chaque décimale de valeur ajoutée créée, ce sont des milliers et des milliers de tonnes de matières premières détruites, d’hectares de nature souillés, de mètres cubes d’eau pollués.
Et au final, pour quelques points de croissance en plus, combien de millions de vies humaines hypothéquées ?
Car au fond, c’est de cela qu’il s’agit :
De notre Avenir. De l’Avenir de ceux qui nous succèderont, de l’Avenir de la Vie.
Car ce régime infernal auquel nous l’avons soumis, la Terre n’en peut plus, elle le montre chaque jour davantage.
L’Humanité n’en peut plus, elle ne tardera pas à le montrer.
Nous avons atteint le seuil critique.
Il est maintenant question de l’Avenir qu’il faut donner à notre civilisation.
C’est maintenant l’heure de vérité, c’est l’heure pour l’Homme de montrer s’il fera le bon choix, s’il saura à nouveau s’adapter, s’il choisira l’Avenir.
Extrait du Livre “Le moment est venu”
Disponible en libre téléchargement















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